Pourquoi personne ne répond à cette question
Cherchez « prix d'un site internet » et vous trouverez surtout des fourchettes de 500 à 50 000 €, ce qui ne vous avance à rien. La raison est simple : le mot « site internet » désigne des objets qui n'ont presque rien en commun. Une page de présentation et une boutique connectée à un logiciel de stock, c'est la différence entre un vélo et un camion.
Voici donc des ordres de grandeur réels, et surtout ce qui fait basculer un projet d'une catégorie à l'autre.
Trois budgets, trois projets
800 à 2 000 € — le site vitrine
Quatre à six pages, un design fait pour vous, un formulaire de contact, une présentation claire de ce que vous faites. Vous fournissez les textes et les photos.
C'est ce qu'il faut à un artisan, une profession libérale, un commerce qui veut exister proprement en ligne. À ce niveau, un site fait sérieusement vaut infiniment mieux qu'une boutique bâclée.
2 000 à 6 000 € — le site complet
Dix à vingt pages, des textes rédigés pour vous, une prise de rendez-vous en ligne, une interface qui vous permet de tout modifier vous-même.
La différence principale avec le précédent n'est pas le design : c'est le travail éditorial. Écrire vingt pages qui disent vraiment quelque chose représente plusieurs jours de travail, et c'est ce qui explique l'essentiel de l'écart.
6 000 € et au-delà — la boutique ou le sur-mesure
Catalogue, stocks, paiement, livraison, ou un site qui doit dialoguer avec votre logiciel de gestion. Ici, chaque règle particulière — un tarif dégressif, une livraison qui dépend du volume, un espace réservé aux professionnels — est un développement à part entière.
Les cinq postes qui font le prix
Ce n'est presque jamais ce à quoi on pense.
Le nombre de pages réellement différentes. Dix pages « service » construites sur le même gabarit coûtent bien moins que dix pages qui ne se ressemblent pas. Quand on vous demande combien de pages, la vraie question est : combien de mises en page différentes.
Les fonctions. C'est le poste le plus lourd, et de loin. Un formulaire de contact est trivial. Une prise de rendez-vous synchronisée avec votre agenda, un paiement en ligne, un espace client, une deuxième langue : chacun ajoute des jours de travail.
Qui écrit les textes. Le poste le plus sous-estimé. Beaucoup de projets démarrent en se disant « on verra pour les textes », et s'arrêtent trois mois plus tard à 80 %. Si vous savez que vous ne les écrirez pas, faites-les chiffrer dès le premier rendez-vous : cela coûte moins cher qu'un projet qui traîne.
Les logiciels à connecter. Votre caisse, votre agenda, votre outil de facturation. Chaque liaison est un petit projet : il faut comprendre deux systèmes, gérer les erreurs, tester. Une seule liaison peut représenter autant qu'une page.
Le design. Celui auquel tout le monde pense en premier, et rarement le plus lourd une fois la direction validée.
Comment lire un devis
Trois points suffisent à distinguer une proposition sérieuse d'une autre.
Le détail ligne par ligne. Un devis à 3 500 € « création de site internet » ne veut rien dire. Vous devez voir ce qui est compris, et surtout ce qui ne l'est pas.
Ce qui se passe après. Hébergement, nom de domaine, mises à jour, sauvegardes : ces coûts existent toujours. Un devis qui les passe sous silence prépare une mauvaise surprise au douzième mois. Comptez quelques dizaines d'euros par mois si vous déléguez l'entretienMises à jour de sécurité, sauvegardes vérifiées, surveillance — ce qui empêche un site de se dégrader avec le temps.
À qui appartiennent les accès. C'est le point le plus important et le moins vérifié. Le nom de domaine, l'hébergement et l'administration doivent être ouverts à votre nom. Sinon, vous louez votre site sans le savoir, et vous le découvrirez le jour où vous voudrez changer de prestataire.
Le piège des offres à 500 €
Elles existent et elles ne sont pas toujours malhonnêtes — mais il faut savoir ce qu'on achète. Généralement : un thème acheté sur catalogue, quelques pages remplies rapidement, aucune rédaction, aucune reprise après livraison.
Pour certains projets, c'est suffisant, et le dire n'a rien de honteux. Le problème survient quand on vend cela comme du sur-mesure, ou quand le prestataire garde les accès pour verrouiller la relation. Posez la question directement : « le site sera-t-il ouvert à mon nom, et pourrai-je partir avec ? »
Le vrai calcul
Une dernière remarque. La bonne question n'est pas « combien ça coûte » mais « à partir de combien de clients c'est remboursé ». Pour un artisan dont le panier moyen est de 800 €, un site à 2 000 € est amorti en trois chantiers. Si le site n'amène pas trois clients en un an, le problème n'est pas son prix — c'est qu'il n'est pas trouvé, et cela relève d'un autre budget.
Un projet en tête ? On établit un devis détaillé, ligne par ligne, gratuitement — et on vous dit franchement si un budget plus modeste suffirait.